Au cours de ces dernières années, la vie politique traditionnelle a laissé peu à peu la place à de nouvelles pratiques de communication. Avec l’essor des réseaux sociaux, les responsables politiques se sont tournés de plus en plus vers ces nouveaux outils digitaux. Facebook, Twitter,… ces nouvelles pratiques ont totalement métamorphosé la pratique politique.

Les Etats-Unis, un exemple à suivre ?

En terme de communication digitale, le cas des Etats-Unis est souvent mis en avant afin d’effectuer une analyse comparée de la situation française. Véritable “ADN de la politique américaine”, les réseaux sociaux sont utilisées de manière intensive tant par la population que par les organisations politiques (source: étude IFOP du 8 avril 2011 pour Orange & l’association des maires de France). A l’aide de ces nombreuses observations, on constate que, par rapport au cas américain, la France a besoin d’une nouvelle médiation, passant par les outils web et a fortiori par les réseaux sociaux. Selon une étude intitulée “Les députés et Internet” produite par le site élus20.fr, les députés français, et plus généralement la classe politique française, sont peu présents sur les réseaux français. Cela est d’autant plus vrai par rapport aux Etats-Unis.

Une nette évolution de la pratique politique

Ces dernières années, notamment à partir de 2012, les partis et personnalités politiques s’initient à la communication digitale via les réseaux sociaux. Cette tendance s’illustre dans les statistiques: Nicolas Sarkozy compte, au moment de la rédaction de cet article, 839 427 fans sur sa page Facebook et 389 482 abonnés à son Twitter. De manière similaire, François Hollande réunit 389 658 fans Facebook et 555 848 followers sur le site de microblogging. (Source chiffres: elus20.fr). Cette évolution a débuté à partir des années 2000 avec un investissement progressif de la sphère politique dans le web. Désormais, on observe une diversification importance de la présence des hommes politiques sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc.) (Source: Dossier ‘Les réseaux sociaux des mouvements politiques au cœur d’une acculturation de nos démocraties modernes’ par le cabinet d’analyse et de conseil en organisation et en nouvelles technologies, daté du 9 juin 2011).

Source: newsroom.cisco.com

Sur son blog ‘Les clés de demain’, le fondateur du site Elus 2.0 Pierre Guillou (cité précédemment) énonce, à propos des réseaux sociaux et de la communication digitale, que “les élections locales de 2014 seront un vrai test pour les candidats”. Désormais, selon une analyse reconnue, les réseaux sociaux ont inversé le rapport traditionnel entre les citoyens et les élus. Imposant auparavant seul leur agenda politique, les élus se voient dépossédés de leur pouvoir de décision sur leur agenda politique au profit des citoyens. Prenons l’exemple de la présence en ligne de la Présidence de la République Française. Développant une “stratégie numérique classique”, l’Elysée possède désormais des comptes sur un large panel de réseaux sociaux: Tumblr, Facebook Vine, etc. (Source: article lefigaro.fr par Marion Joseph ‘Le Tumblr de l’Elysée, nouvelle étape d’une stratégie numérique classique’).  

Les réseaux sociaux comme moteur de l’e-reputation

A l’heure actuelle, plusieurs personnalités politiques sont reconnues pour leur utilisation soutenue des réseaux sociaux: Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen ou encore Nathalie Kosciusko-Morizet. Cette multiplication de pages Facebook ou comptes Twitter dédiés à la sphère politique et militante incarne une véritable prise de conscience de la classe politique française. Désormais, les principaux partis politiques initialisent des démarches de communication intégrant pleinement les médias sociaux. Concernant le cas particulier de Twitter, la pratique du “tweet” fait désormais partie intégrante de la vie politique quotidienne française. Depuis les tweets fondateurs, comme ceux de Valérie Trierweiller par exemple, Twitter rythme les débats et polémiques de la vie politique en France.  

De nouvelles stratégies à mettre en place

L’objectif des différentes équipes de communication des personnalités est bien sûr double: – Etudierce qui se dit de leur candidatDéfinir une bonne stratégie afin d’occuper efficacement le terrain Pour les organisations politiques, le bénéfice des réseaux sociaux n’est jamais acquis. C’est pour cela que des Community managers sont recrutés afin de gérer efficacement l’ensemble des pages web. Ainsi, une interconnexion se créé entre le rayonnement médiatique et les activités sur les réseaux sociaux.  Avec l’exemple de Nathalie Kosciusko-Morizet et des nombreuses attaques dont elle fut la cible, un nécessaire pouvoir de contrôle de l’e-reputation des responsables politiques doit être mis en place. Ceci implique un contrôle strict de sa communication digitale (cf article bad buzz).